Connaissez-vous l’histoire du phylloxera ? C’est un petit puceron (venu des États-Unis) qui a ravagé des milliers d’hectares de vignes au 19ème siècle… La crise du phylloxéra à ensuite conduit à un renouveau de la viticulture, ainsi qu’à la création des AOC (Appellations d’Origines Contrôlées). C’est un fait historique extrêmement important dans l’histoire du vin.

Explications en vidéo (en moins de 5min)

C’est quoi le phylloxéra ?

Concrètement c’est un petit puceron qui tue les pieds de vignes. Il s’installe à deux endroits, sur les feuilles et sur les racines de la plante.

Comment le phylloxera est-il arrivé en Europe ?

Le phylloxéra est originaire de l’Est des États-Unis. Au 19ème siècle, des pépiniéristes français ont décidé de planter des pieds de vignes américains en France, pour voir quel style de vin cela donnerait.

Sauf que ces pieds de vignes américains étaient porteurs du fameux puceron, le phylloxéra. Et en l’espace d’une trentaine d’années, ce dernier s’est répandu dans la plupart des vignobles européens, en provoquant la mort de milliers de pieds de vignes.

La maladie a d’abord été observée dans le Guard, vers 1860, mais les gens ne savaient pas encore ce qui provoquait la mort des vignes. Il faut attendre le 15 juillet 1868 pour que des examens soient réalisés et qu’on découvre l’existence du fameux puceron.

Comment combattre le phylloxéra ?

Différentes méthodes ont été testées pour tenter de se débarrasser du phylloxéra et de sauver les vignes : par exemple des insecticides ou des techniques d’irrigation du sol qui noyaient les pucerons… Mais rien ne fonctionnait vraiment.

Jusqu’à ce que l’idée vienne de greffer les ceps de vignes européens sur des pieds de vignes américains, qui eux, résistent au phylloxéra. Il a fallu faire de nombreux tests avec différentes souches américaines afin de déterminer celles qui résistaient le mieux à la maladie.

Mais alors pourquoi pas directement planter des vignes américaines ? Pourquoi s’embêter à faire des greffes ? Et bien parce que les vignes américaines donnaient en Europe des vins moins qualitatifs, souvent foxés (avec une odeur de renard, voire de punaise écrasée). D’où l’intérêt de s’embêter à faire des greffes pour continuer à produire du bon vin.

Aujourd’hui, la quasi totalité des vignes dans le monde sont en fait implantées sur des portes-greffes américains. Sauf dans les vignobles qui ont été épargnés par le phylloxéra, comme le Chili par exemple, où l’on trouve encore des vignes franches de pied (sans porte-greffe).

Comment le phylloxéra a fait évoluer la viticulture ?

Premièrement, le fait de devoir arracher les pieds de vignes a permis de planter les nouveaux ceps de manière bien alignée, afin de faciliter le travail de la terre entre les rangs. Autrefois, les vignes étaient plantées de manière dispersée, c’était donc moins facile de s’en occuper.

Ensuite, la crise du phylloxéra a conduit à une forte baisse de la production  de vin dans les années 1880. On produisait 85 millions d’hectolitres en 1875, et environ seulement 25 millions d’hectolitres en 1880... Différentes techniques de fraudes étaient alors utilisées pour diluer le vin, afin d’augmenter le volume de production. On privilégiait alors largement la quantité à la qualité. Cela a finalement conduit à la création des AOC (Appellations d’Origines Contrôlées) en 1935, pour garantir la qualité et la provenance du vin !

 ✅  Voilà, vous savez maintenant l’essentiel sur la crise du phylloxéra !

À très vite pour un prochain article,

Anne-Laure